Cameroun- Importation des véhicules : la limite d’âge bientôt imposée à 05 ans

Cameroun- Importation des véhicules : la limite d’âge bientôt imposée à 05 ans 1

Cameroun- Importation des véhicules : la limite d’âge bientôt imposée à 05 ans

C’est l’une des recommandations faites, le 25 juillet dernier à Yaoundé, au cours de la présentation du rapport des résultats de l’étude sur l’analyse des types de véhicules importés au Cameroun. La cérémonie était présidée par le ministre des Transports Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè.

La qualité de l’air dans les villes et campagnes est de plus en plus toxique. Au premier rang des coupables le parc automobile. Pour cause, plus de la moitié des véhicules circulant au Cameroun, ont au moins 18 ans d’âge. D’ailleurs, il n’est un secret pour personne que la moyenne d’âge des véhicules à destination des pays africains est de 18 ans. Ils sont pour la plupart hors d’usage et aux normes Euro 3. Selon une enquête réalisée en 2018 dans le cadre du projet d’élaboration du Plan de Mobilité Soutenable à Yaoundé, l’on s’est rendu compte que les teneurs en substances polluantes dans l’atmosphère dépassent à certaines heures de la journée plus de dix fois les normes recommandées. Par conséquent, les dégâts se constatent non seulement dans la nature, mais aussi sur la population. On compte çà et là des maladies telles que le cancer, les infections pulmonaires et bien d’autres.
De ce fait, l’urgence d’un changement s’impose. A ce sujet, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè l’a compris et essaie tant bien que mal à apporter sa pierre à l’édifice. Au regard de la pertinence de la problématique, le ministre camerounais des transports a sollicité l’accompagnement du Programme des Nations Unies pour l’Environnement pour analyser des types de véhicules importés au Cameroun et examiner les politiques visant à promouvoir l’importation des véhicules moins polluants.
Les résultats de ces études sont donc disponibles. Il ressort que les importations annuelles de véhicules légers dépassent en moyenne 30 000 véhicules par an, contribuant à une croissance rapide du parc automobile. Ces importations sont dominées par les véhicules d’occasion dont la majorité des véhicules importés ont plus de 15 ans, certains ayant dépassé leur durée de vie utile. L’essence est la source d’énergie dominante, utilisée par plus de 75% des véhicules légers tandis que Toyota est la marque la plus courante représentant 78% du top 10 des véhicules légers immatriculés en 2020. La consommation annuelle moyenne de carburant est très élevée, avec des valeurs moyennes annuelles de consommation de carburant largement supérieur à 7 litres gazoline équivalent au 100 km en 2010, 2015, 2018, 2020. La croissance du parc des engins à deux et trois roues. En moyenne 4000 motocyclettes et tricycles. L’absence de système d’étiquetage des véhicules. La pénétration très limitée des véhicules électriques. L’absence des restrictions à l’importation des véhicules d’occasion. L’absence de sensibilisation des consommateurs et usagers de la route sur la pollution des véhicules.
Tout en appréciant le travail qui a été fait, le ministre des transports a profité de la présence des responsables des autres départements ministériels compétents, pour relever les interrogations de plus en plus courante sur le caractère propre des véhicules électriques. « je prône la prudence dans l’appropriation des actions recommandées pour la réduction de la pollution causée par les véhicules dans nos contextes particuliers. Nous devons œuvrer ensemble, pour l’amélioration de la qualité de l’air dans nos villes et pour la réduction des gaz à effets de serre en général… »
Les recommandations faites, il ne reste plus qu’à attendre la mise en place effective de celles-ci.

Abena Jonas
Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]