Cameroun- Que cache la déferlante médiatique autour de FECAFOOT?

Cameroun- Que cache la déferlante médiatique autour de FECAFOOT? 1

Voici bientôt deux mois que la fédération camerounaise de football FECAFOOT, fait la une de l’actualité nationale. Difficile de ne pas parcourir les titres des journaux, les pages des réseaux sociaux et les sites internets sans tomber sur un fait impliquant la FECAFOOT.

Tout semble faire croire au premier venu sur la terre de RUBEN UM NYOBE, que le Cameroun est désormais dirigé dans son ensemble à partir de TSINGA et non plus à Étoudi, comme le veut les dispositions constitutionnelles.

Les contempteurs et contradicteurs se déchirent et n’y vont pas d’une main môle, ce pendant quoiqu’il en soit, pour le citoyen lambda de KYOESSI à KOLOFATA, en passant Yaoundé, Douala, Bafoussam, Buea, Batouri, le Cameroun vit désormais au rythme de la Fédération camerounaise de Football.

Un tel déploiement médiatique interroge plus d’une, dans un pays qui compte pas moins d’une cinquantaine de fédérations sportives avec toutes, les mêmes obligations légales vis à vis des lois et des institutions étatiques Camerounaises.

Hier encore dans la salle de conférence du ministère des Sports et de l’éducation physique, le ministre Narcisse MOUELLE KOMBI, réunissait l’ensemble des fédérations sportives nationales, sous le regard du Colonel KALKABA MALBOUM, président du Comité National Olympique (CNO), avec pour point à l’ordre du jour l’organisation des élections dans lesdites fédérations.

L’on apprenait alors qu’à ce jour seule la FECAFOOT sur plus de la cinquantaine, jouissant toutes des mêmes prérogatives légales et des bénéficiaires toutes des mêmes prérogatives, dis-je seule la FECAFOOT disposait des dirigeants légitimes et légaux. Le ministre donnait alors jusqu’à la fin du mois de novembre aux différentes fédérations.

L’on s’interroge alors, comment une telle information peut passer inaperçue au sein de l’opinion publique, très active ses derniers temps sur les questions de sports en général et du football en particulier.

En français facile, comment comprendre que des personnes n’ayant aucune qualité, aucun mandat et ce depuis près d’une décennie, gèrent des biens publics dans diverses fédérations, contrats, sponsoring, subvention de l’Etat, Subvention des instances internationales, sans que celà fasse l’ombre d’un seul bruit au sein de l’opinion publique en général et des acteurs dit « moralisateur de l’espace public » en particulier ?

Si tant est à en croire les différentes démarches que l’opération bashing de la FECAFOOT, se justifie selon ces derniers, par le soucis de bonne gouvernance, et veille à la préservation des valeurs éthiques du patrimoine national, difficile, mais alors difficile de comprendre ce deux poids deux mesures. Difficile, difficile de comprendre ce silence manifeste, sur les violations des dispositions légales pourtant décriées auprès de la fédération camerounaise de Football, peut-être de bonne foi, accordons en y le bénéfice du doute.

Cette agitation interroge, mais plus encore sur d’un, les réels motifs d’un tel acharnement et les personnes qui s’y cachent derrières? Parlons nous réellement de la moralisation de l’espace public ou parlons-nous d’autres choses Mesdames Messieurs, mes chers compatriotes ?

Veut-on finalement nous faire croire dans ce pays, que l’on respecte la loi quand on a aucune légitimité ou légalité ? La FECAFOOT sur plus de cinquantaine de fédérations que compte le pays de Roger Milla, Françoise MBANGO, BESSALA, Francis NGANOU, KAMSON ABESSOLO, SIAKA etc.. dis-je la FECAFOOT est la seule qui compte des dirigeants légitimes et légaux.

Comment comprendre que des gens qui gèrent des compétitions nationales et internationales à l’instar du tour cycliste international Chantal Biya, du tour du Cameroun et qui brassent des milliards et des milliards au contribuable, avec des budgets 4 à 5 fois que celui de la FECAFOOT, jouissent du telle quiétude pourtant ne jouissant d’aucune qualité légale? Faut-il rappeler que plusieurs Fédération bénéficient de l’exclusivité de sponsoring des grandes entreprises de l’Etat à savoir SNH, CAMTEL, SONARA, CSPH etc…

Y a-t-il un système qui entretient l’illégalité et l’illégitimité à la tête de nos fédérations, à quelle fin? Pendant plus d’une décennie la FECAFOOT a vécu dans ce cycle. Cycle au cours du quel, des choses se sont faites, signature de contrat avec des équipementiers, signature de contrat avec de sponsors pour le football professionnel, signature et résiliation de contrat d’entraîneurs nationals, on a pourtant pas vu, un tel déploiement au point de capitaliser l’actualité nationale depuis 2 mois durant et faire passer à côté, les sujets d’intérêts majeures concernant l’avenir de tous les Camerounais sur au moins 10 generations, à l’instar des signatures de décret d’exploitation de nos mines avec des termes de contrats pourtant décriés.

Au moment où la FECAFOOT fait les frais d’un pompage médiatique, les Camerounais de Yaoundé n’ont plus d’eaux dans les robinets, en plein Yaoundé, je ne parle de ceux de Guelemendouga, ou de Bafang, ou encore de Mora ou même de Kribi ici chez moi.

Combien de connaissances perdons-nous par accident de circulation faute routes adéquates, dans les hôpitaux fautes d’un système de santé adéquat, tenons-en où en sommes nous avec la santé pour tous.

Bref, ce filigrane d’actualité permanent sur la seule Fédération en règle vis à vis l’État et de ses institutions interroge fortement sur les réels mobiles de cette acharnement au détriment des autres fédérations illégales.