Politique

Christian Ntimbane Bomo dénonce la politisation des détentions post-électorales

L’avocat et président exécutif du parti HÉRITAGE, Me Christian Ntimbane Bomo, s’est exprimé sur le sort des personnes arrêtées lors des manifestations ayant suivi le scrutin d’octobre 2025. Selon lui, la résolution de ces dossiers relèverait davantage du politique que du judiciaire.

Une justice qualifiée de simulacre

Dans son analyse de la procédure, Me Ntimbane Bomo a exprimé un profond scepticisme quant à l’efficacité de la défense dans les affaires considérées comme politiques. Il estime que les procédures en cours ne constituent pas une voie crédible vers la libération des détenus, décrivant un système où les garanties d’un procès équitable ne seraient pas respectées.

Son constat s’appuie sur une expérience personnelle, évoquant son implication passée au sein d’un collectif d’avocats formé après des arrestations survenues en août 2025. Une rencontre avec le commissaire du gouvernement du Tribunal militaire de Yaoundé l’aurait conduit à conclure que le traitement de ces dossiers suivait une chaîne de décision administrative et politique.

Le centre de décision identifié à la présidence

L’avocat affirme que la gestion des dossiers des personnes arrêtées en contexte post-électoral est directement influencée par l’exécutif. Il souligne le lien structurel entre le Tribunal militaire, le ministère de la Défense et la présidence de la République, suggérant que les décisions finales seraient prises au plus haut niveau de l’État.

Partant de ce postulat, Me Ntimbane Bomo a adopté une posture de rupture, appelant ses confrères à se retirer de la défense de ces dossiers. Il argue que la présence d’une défense juridique conférerait une légitimité factice à des procès qu’il juge d’essence politique, et que seule une pression publique ciblée sur les autorités pourrait conduire à des libérations.

Il rejette également les comparaisons avec la gestion d’une précédente crise post-électorale, estimant que les mécanismes d’assistance juridique mis en place à l’époque n’ont pas eu d’impact déterminant. Pour lui, la responsabilité des arrestations et des détentions prolongées incombe entièrement au gouvernement, qu’il appelle à libérer les personnes concernées.

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