Hippolyte Meli défend le rôle de l’avocat face aux procès politiques

Une controverse sur le rôle de la défense dans les procès à caractère politique a émergé au sein du barreau camerounais. L’avocat Hippolyte Meli, s’exprimant au nom du Collectif Défense de la République, a répondu aux propos tenus par son confrère Christian Ntimbane Bomo, qui qualifiait de « comédie » la défense des personnes jugées dans le cadre de la crise post-électorale de 2025.
La défense, un rempart contre l’arbitraire
Hippolyte Meli a fermement rejeté l’idée selon laquelle plaider devant des tribunaux militaires équivaudrait à cautionner leur légitimité. Il a rappelé que la mission fondamentale de l’avocat est de servir de dernier rempart entre l’individu et l’arbitraire de l’État, en utilisant strictement les outils du droit. Pour lui, se retirer d’un procès, même contestable, revient à abandonner son client et à laisser le champ libre à d’éventuelles violations des droits fondamentaux.
Le prétoire comme tribune
Contrairement à l’argument selon lequel la présence d’un défenseur « blanchirait » une procédure jugée inique, Me Meli soutient l’inverse. Il estime que c’est précisément par une défense active, technique et procédurale que l’illégitimité d’un procès peut être exposée. Les plaidoiries, les exceptions et les dénonciations formelles deviennent, selon lui, des archives essentielles pour l’histoire et un moyen de donner une voix aux accusés.
Il insiste sur la nécessité d’une stratégie à deux volets : la pression politique et diplomatique d’un côté, et le combat juridique rigoureux de l’autre. Abandonner le terrain judiciaire, affirme-t-il, reviendrait à céder à l’intimidation et priverait les détenus d’un recours essentiel. L’avocat a conclu en réaffirmant son engagement à assister les personnes jugées à chaque audience, considérant cet accompagnement comme inhérent à l’honneur de la profession.



