Maurice Kamto interpellé sur la gestion d’un scandale au sein du MRC

Le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, est la cible d’une interpellation publique concernant sa gestion d’une affaire impliquant un membre éminent de son parti. L’activiste Thiam Abdulaye, connu sous le pseudonyme Calibri Calibro, a rendu publique une lettre adressée au leader de l’opposition, pointant des contradictions entre les principes affichés par la formation politique et certaines de ses pratiques internes.
Une mise en cause de la cohérence éthique du parti
L’auteur de la lettre souligne que le MRC, qui se présente comme une alternative morale au régime en place, est confronté à des accusations qui ébranlent son unité disciplinaire. Il dénonce une application sélective des règles internes, où la proximité avec la direction offrirait une forme d’immunité, contrastant avec le traitement réservé à d’autres militants.
L’affaire Albert Nzongang au cœur des critiques
Le point central de la contestation porte sur Albert Nzongang, conseiller spécial de Maurice Kamto. Deux séries de faits lui sont reprochés. Premièrement, ses déclarations publiques, diffusées sur une radio nationale, dans lesquelles il aurait reconnu son implication dans des irrégularités lors du scrutin présidentiel de 1992. Deuxièmement, il est mis en cause dans des allégations plus graves, formulées par l’expéditeur de la lettre lui-même. Thiam Abdulaye affirme avoir été sollicité par Albert Nzongang pour nuire politiquement à un cadre fondateur du MRC, Alain Fogue.
Face à ces révélations, l’absence de réaction officielle de la direction du MRC est vivement critiquée. Aucune suspension, enquête interne ou prise de distance n’a été annoncée, un silence perçu comme une forme de tolérance.
Le silence de la direction questionné
La lettre met en parallèle cette inertie avec les standards éthiques observés dans d’autres démocraties, où des responsables politiques ont choisi de démissionner ou de se mettre en retrait face à des accusations, parfois avant même toute procédure judiciaire. Ce contraste est présenté comme révélateur d’un double standard, où la dénonciation de l’impunité au sein du système en place ne s’appliquerait pas à l’intérieur du parti d’opposition.
L’interpellation pose directement trois questions au professeur Kamto : avait-il connaissance préalable des faits ? Les a-t-il cautionnés ? Quelle hiérarchie établit-il entre loyauté personnelle et exigence morale dans la conduite de son parti ?
En conclusion, cette démarche est présentée comme un test pour la crédibilité du projet porté par le MRC. L’appel lancé insiste sur la nécessité pour l’opposition de prouver par des actes sa rupture avec les pratiques qu’elle dénonce, arguant que le silence actuel de sa direction affaiblit son message de renouveau politique.



