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Polycarpe Abah Abah : Portrait d’une proie de l’opération épervier

L’ex ministre des finances de 2004 à 2008,  Polycarpe Abah Abah ne cesse de régle ses compte avec la justice camerounaise depuis 2008, période où il est tombé dans les griffes de l’opération épervier. Ce denier aujourd’hui est à sa troisième condamnation. D’autres affaires sont encore pendantes au tribunal criminel spécial Camerounais.

Polycarpe Abah Abah, est né le 17 septembre 1954 à Zoétélé, dans la Région du Sud. En 1974, il obtient son baccalauréat série A au Lycée de Manengoumba, avec mention bien. Il a suivi des études d’économie à l’université de Yaoundé, d’où il sort licencié en économie. Par la suite, Il étudie aux États-Unis à l’université de Californie du Sud de Los Angeles, où il obtient un Master of Public Administration1, un diplôme de gestion en finances publiques à l’institut du management d’Atlanta et un autre à l’international Law Institute de Washington DC. Il étudie également à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) d’où il sort en 19801 avec un diplôme du cycle A des régies financières. Il est par ailleurs diplômé de l’institut d’administration publique de Paris.

Carrière professionnelle

À sortie de l’ENAM, il est nommé à la cellule pétrolière de la Direction des Impôts comme chargé de la mise en place de la fiscalité pétrolière au Cameroun. Il travaille en étroite collaboration avec la Société nationale des hydrocarbures dans la mise en place d’une fiscalité pétrolière. Le pétrole qui venait d’être découvert relevait alors du secret d’État ce qui lui vaudra d’être nommé pendant longtemps administrateur représentant l’État au sein du Conseil d’Administration de la SNH, poste qu’il ne quitte que lorsqu’il est nommé MINEFI.

Au sein de la Direction des Impôts, il a été tour à tour, sous/directeur de la législation fiscale, en 1983, et membre de la commission Nationale de Marché Publics pendant plusieurs années. Puis, il fut expert de l’Union douanière et économique de l’Afrique centrale et sous directeur national chargé des enquêtes et du contrôle fiscal au Cameroun. Il quitte la Direction des Impôts en 1988.

De 1988 à 1991, il est nommé Attaché au Secrétariat général de la Présidence de la République, chargé du suivi des activités des Ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que des relations avec les partenaires au développement (Banque Mondiale et Fonds monétaire international) dans le cadre du programme d’ajustement structurel conclu par le gouvernement.

Avec la création des services du Premier Ministre, il y est nommé Chargé de Mission de 1991 à 1998. Il continue d’y exercer les mêmes activités qu’il exerçait à la Présidence de la République. Cumulativement avec ces fonctions, il est nommé président de la Commission Nationale des Réformes Fiscales au Cameroun, commission qui a conçu et défini le cadre, ainsi que les règles qui s’appliquent actuellement au Cameroun en matière fiscale.

De 1998 à 2004, il est Directeur des Impôts, la mission à lui assignée étant de mettre en œuvre toutes les réformes fiscales. Sous sa direction, les recettes de l’administration fiscale sont multipliées par trois en moins de 6 ans, passant de 250.000.000.000 de francs CFA en 1998, à plus de 750.000.000.000de francs CFA en 2004.

Carrière politique

Il est nommé ministre de l’Économie et des Finances le 8 décembre 2004. À la tête de cette méga structure (en réalité la juxtaposition de deux gros départements ministériels, et sous l’autorité du Chef de l’État, en application de ses directives, ainsi que de ses instructions), les finances publiques du pays sont assainies. Les principaux indicateurs de l’économie passent au vert avec notamment un taux de croissance du PIB qui va de moins de 2% à son arrivée, à plus de 4% trois ans plus tard. Le taux d’inflation, quant à lui, est inférieur à 2% à son départ.

Par ailleurs, les relations avec les partenaires au développement sont rétablies et consolidées. La signature de l’État retrouve sa crédibilité vis-à-vis des bailleurs de fonds et des opérateurs économiques nationaux.

En avril 2006, après une masse critique de réformes, le Cameroun atteint le point d’achèvement de l’Initiative pays pauvres très endettés, avec à la clé, un substantiel allègement de sa dette.

Abena Jonas

Journaliste et web journaliste, directeur des publications du journal Afrikinfo.net, Température  Contact : 697608331 ( Whatsapp ) Email : [email protected] // [email protected]

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