Robert Wafo dénonce l’absence de Conseil des ministres depuis 2019

Le fonctionnement de l’exécutif camerounais est publiquement questionné, mettant en lumière des problématiques de coordination gouvernementale. Ces préoccupations ont été récemment ravivées par des désaccords autour d’un contrat au port de Douala, illustrant, selon certains observateurs, les difficultés de l’action collective au sein du gouvernement.
Une anomalie institutionnelle pointée du doigt
Lors d’une émission télévisée, l’homme politique Robert Wafo a formulé une critique institutionnelle majeure. Il affirme que la dernière réunion formelle du Conseil des ministres, instance centrale de décision collégiale, se serait tenue en janvier 2019. Si cette assertion est avérée, cela signifierait une interruption de près de cinq ans dans la tenue régulière de cette instance constitutionnelle, une situation que le politicien qualifie d’inédite dans le paysage républicain mondial.
Selon ses déclarations, l’activité gouvernementale visible se limiterait actuellement à des réunions de cabinet, qui ne possèdent ni le même statut ni la même portée décisionnelle qu’un Conseil des ministres présidé par le chef de l’État. Cette distinction soulève des interrogations sur les modalités de validation des grandes orientations politiques et des projets de loi.
La question de l’autorité du Premier ministre
L’analyse de Robert Wafo va au-delà du simple calendrier des réunions. Il estime que le problème révèle une difficulté plus profonde concernant la chaîne de commandement gouvernementale. Il évoque un manque de considération de certains ministres envers l’autorité du Premier ministre, réduisant, selon lui, le rôle de ce dernier à une simple primauté protocolaire parmi ses pairs, sans réelle capacité de coordination ou d’arbitrage.
Cette perception, si elle est partagée, pourrait expliquer en partie les défis de cohérence et de mise en œuvre de la politique gouvernementale. L’efficacité de la gouvernance repose en effet sur une hiérarchie claire et un respect des prérogatives de chaque membre de l’exécutif.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où la transparence et le fonctionnement régulier des institutions sont scrutés par la classe politique et la société civile. Elles appellent à un débat sur les mécanismes de prise de décision au plus haut niveau de l’État et sur le respect des procédures établies par la Constitution.



