Yamb Ntimba critique la position de Sonko sur la dette africaine

Une voix critique s’élève du Cameroun pour répondre aux récentes propositions du Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, concernant la dette des États africains. Dominique Yamb Ntimba, figure politique camerounaise, a exprimé son désaccord fondamental avec l’idée selon laquelle l’annulation de la dette constituerait une solution salvatrice pour le continent.
Une critique de la vision portée par Sonko
Dans une intervention relayée par plusieurs médias, Yamb Ntimba a qualifié de « naïve » la perspective qui consiste à miser principalement sur l’effacement des dettes. Selon lui, cette approche ne s’attaque pas aux causes profondes de l’endettement récurrent des nations africaines. Il souligne que, même en cas d’annulation totale, les mécanismes économiques et monétaires en place – citant notamment le franc CFA et certaines dépendances stratégiques – conduiraient à une reconstitution rapide de la dette publique. Il illustre son propos en évoquant l’évolution de la situation camerounaise au cours des deux dernières décennies.
Un plaidoyer pour la souveraineté et l’action
Le cœur de l’argumentation de Yamb Ntimba réside dans un appel à un changement de paradigme. Il estime que les dirigeants africains au pouvoir doivent désormais privilégier l’action concrète aux discours. La priorité, selon lui, n’est pas d’obtenir une remise de dette – qu’il présente comme une question de « dignité et de responsabilité historique » – mais d’affirmer une souveraineté politique et économique pleine et entière.
Il énumère plusieurs leviers qu’il juge essentiels : la maîtrise des politiques monétaires, une industrialisation volontariste, une éducation repensée et une prise de position géopolitique ferme dans un monde multipolaire. Il insiste également sur la nécessité de développer le panafricanisme par des actions tangibles, telles que le contrôle autonome des ressources naturelles, la fixation des prix par les producteurs, la solidarité économique via des projets transfrontaliers et une accélération de l’intégration politique régionale et continentale.
Un appel à l’action des dirigeants en poste
Le message s’adresse directement à Ousmane Sonko et à son parti, le Pastef. Yamb Ntimba leur rappelle qu’ils ne sont plus dans le rôle de l’opposition, mais dans celui d’exercice du pouvoir, avec la responsabilité d’agir. Il les invite à considérer les dynamiques géopolitiques en cours – évoquant implicitement l’Alliance des États du Sahel (AES) – et à traduire leurs idées en décisions politiques. Pour le Camerounais, le temps des discussions est révolu et a cédé la place à celui de la mise en œuvre de politiques souveraines.



