Affaire Martinez Zogo : la défense d’Eko Eko dénonce des manœuvres dilatoires

La défense de Léopold Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), a publié un communiqué à l’issue des dernières audiences du procès concernant l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. Les avocats de l’ex-responsable du service de renseignement camerounais estiment que les récentes dépositions confirment l’absence d’implication de leur client dans cette affaire.
Des témoignages qui accréditent la thèse d’une opération clandestine
Lors des audiences des 16 et 17 février 2026 devant le Tribunal militaire de Yaoundé, trois nouveaux témoins, présentés comme d’anciens responsables opérationnels de la DGRE, ont été entendus. Selon le communiqué de la défense, leurs déclarations viendraient renforcer vingt-deux témoignages antérieurs. Leur version des faits décrit une opération menée en dehors des circuits et procédures habituels de l’institution.
Les avocats rapportent que ces témoins ont décrit une action réalisée sans ordre formel de la hiérarchie, financée par des sources extérieures au service, et utilisant du matériel détourné de son affectation initiale. Un fusil et un véhicule pick-up auraient ainsi été prélevés de manière irrégulière sur un poste de garde en périphérie de la capitale, contournant ainsi les formalités de sortie de matériel.
La défense s’appuie sur une réorganisation interne datant de 2021
Un élément central du plaidoyer de la défense repose sur une note de service datée du 12 novembre 2021. Ce document, signé par Maxime Eko Eko alors en fonction, aurait retiré au Lieutenant-Colonel Danwe la coordination des opérations au profit d’un conseiller technique, James Elong Lobe. Cette mesure, présentée comme conservatoire, aurait donc, selon les avocats, empêché l’officier de mobiliser légalement des moyens humains et logistiques.
Le communiqué souligne également que le Groupement tactique d’intervention (GTI), unité habituellement mandatée pour ce type d’action, n’a selon les témoins reçu aucun ordre. La composition de l’équipe ayant procédé à l’interpellation du journaliste aurait également violé les règles internes de mixité des corps (armée, police, gendarmerie) et omis de se placer sous le commandement d’un officier sur le terrain.
Dénonciation de pressions et confiance affichée en la justice
La défense de l’ancien directeur de la DGRE profite de ce communiqué pour alerter sur ce qu’elle qualifie de manœuvres dilatoires visant à retarder la procédure judiciaire. Elle dénonce également des campagnes de dénigrement via certains médias et évoque des pressions ainsi que des menaces qui viseraient ses membres et la famille de Maxime Eko Eko.
Malgré ces accusations, le communiqué réaffirme la confiance de l’intéressé envers l’institution judiciaire camerounaise et sa détermination à collaborer pour l’établissement des faits. L’affaire Martinez Zogo, du nom du journaliste enlevé et tué en janvier 2023, continue ainsi d’alimenter la chronique judiciaire et politique au Cameroun, mettant en lumière les rouages et les dysfonctionnements présumés des services de sécurité.



