Politique

Cameroun : un livre révèle les négociations avortées entre Kamto et Tchiroma

Un ouvrage politique à paraître prochainement lève le voile sur des discussions ayant eu lieu en amont de la présidentielle camerounaise de 2025. Son auteur, le Dr Chris Maneng, ancien directeur de campagne d’Issa Tchiroma Bakary, président du Front National pour le Salut du Cameroun (FSNC), y relate des tentatives de rapprochement avec Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).

Une approche motivée par des contraintes structurelles

Dans ses mémoires, l’ancien stratège décrit un contexte de campagne marqué par une rareté des ressources financières. Il indique que la majeure partie des soutiens financiers potentiels étaient déjà acquis à la cause de Maurice Kamto, rendant l’accès aux réseaux de financement difficile pour la formation d’Issa Tchiroma. Cette situation aurait conduit l’équipe de campagne à envisager une approche politique et structurelle envers le président du MRC.

Les objectifs d’une alliance manquée

Selon le récit de Chris Maneng, la démarche auprès de Maurice Kamto visait un double objectif. D’une part, il s’agissait de présenter Issa Tchiroma à l’électorat comme une figure expérimentée et préparée, prête à mener un combat que son homologue n’aurait pas, selon cette perspective, pleinement assumé en 2018. D’autre part, l’initiative avait pour but de signaler aux donateurs du MRC qu’un ralliement derrière Tchiroma constituerait un vecteur crédible de changement, avec une promesse d’utilisation plus efficace des ressources.

L’offre présentée aurait inclus des rôles centraux dans la gestion de la campagne commune et un principe d’égalité dans les prises de décision. L’auteur estime que cette proposition était stratégiquement solide.

Le refus attribué à des considérations de leadership

Maurice Kamto aurait finalement rejeté toute forme d’alliance. L’analyse avancée dans le livre n’attribue pas ce refus à la faiblesse de l’offre, mais à des dynamiques de pouvoir. L’argument développé suggère que le leader du MRC aurait craint qu’accepter une position ne lui accordant pas la primauté, même temporairement, ne garantisse l’ascension politique de son interlocuteur. La neutralité aurait ainsi été préférée au partenariat, selon le témoignage de l’ancien directeur de campagne.

Ces révélations, dont le détail est attendu à la publication de l’ouvrage, apportent un éclairage sur les calculs et les rapports de force qui ont animé l’opposition camerounaise en période électorale.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page