Politique

Cameroun : la jeunesse exige des actes après le discours présidentiel

Une réponse collective à l’adresse présidentielle

À la suite du récent discours du chef de l’État camerounais à la jeunesse, une initiative citoyenne structurée a vu le jour. Le laboratoire BdS-OngolaLab-UYI a organisé, le 12 février 2026, une assemblée rassemblant étudiants, chercheurs et représentants associatifs. L’objectif principal était d’analyser la portée concrète des annonces gouvernementales et de proposer des pistes d’action pour améliorer l’insertion professionnelle des jeunes.

Les échanges ont fait émerger un sentiment ambivalent parmi les participants. Si la reconnaissance officielle des difficultés de cette frange de la population a été notée, une lassitude prévaut concernant la mise en œuvre effective des politiques publiques. Les délais entre les déclarations d’intention et leur concrétisation sur le terrain ont été pointés comme un obstacle récurrent.

Transparence et équité au cœur des revendications

Le système de financement de l’entrepreneuriat jeune a été particulièrement scruté. Les critiques ont porté sur le manque de clarté dans l’allocation des fonds publics. Pour y remédier, les participants ont formulé deux exigences majeures. Ils réclament d’abord une plus grande équité géographique dans la distribution des aides, afin de contrer la perception d’un favoritisme basé sur les réseaux. Ensuite, ils plaident pour l’instauration d’une traçabilité numérique intégrale des financements, garantissant que les sommes promises atteignent effectivement les projets bénéficiaires. Cette demande touche directement à la crédibilité des engagements étatiques.

La réflexion n’a pas été à sens unique. Une forme d’autocritique a également émergé, reconnaissant un certain manque d’audace chez les jeunes, une participation parfois faible aux programmes existants, ainsi que des déficits d’information. Un intervenant a ainsi souligné que l’exigence de performance de la part des pouvoirs publics devait s’accompagner d’une mobilisation citoyenne rigoureuse.

L’université, pivot d’une nouvelle stratégie

Les discussions ont identifié l’institution universitaire comme un acteur clé dans la résolution de la crise de l’emploi. Les propositions incluent une adaptation des enseignements aux réalités socio-économiques locales, une orientation de la recherche vers des applications pratiques répondant aux besoins des communautés, et un renforcement des structures de liaison comme le BdS-OngolaLab-UYI. Ce dernier est envisagé comme une interface permanente entre le monde académique, la société civile et les administrations.

À l’issue des travaux, cinq résolutions ont été actées. La principale est la création d’un dispositif de veille citoyenne chargé de suivre systématiquement l’exécution des promesses présidentielles en matière de jeunesse. Une note de plaidoyer détaillée sera également rédigée à l’intention des ministères concernés. Les recommandations portent sur l’instauration d’une sélection méritocratique, l’intégration d’observateurs indépendants dans les processus de décision, et une décentralisation accrue des opportunités vers les régions.

L’année 2026 est désormais considérée par ces jeunes comme une période test. Elle servira à mesurer la capacité des institutions à traduire les discours en réalisations tangibles. Leur appel final est un changement de culture politique : abandonner la logique de l’annonce pour adopter une gouvernance axée sur des résultats vérifiables et une redevabilité accrue.

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