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Cameroun-Promotion du vivre-ensemble:Quand la tradition broie le silence 

 

     L’association nationale des chefs traditionnels du Cameroun, qui compte en son sein, dix-sept mille membres, a tenu une conférence de presse ce jour, mercredi 17 juillet 2019, à la place du monument de la réunification au quartier Ngoa-Ekele, ici même à Yaoundé. Pour les gardiens de la tradition, l’heure est grave au Cameroun, et il y’a lieu de remettre tout en ordre 

     Les gardiens de nos Us et costumes, sortent de leurs conforts pour attaquer le terrain. C’est le mot fort d’entrée de jeu, qu’à tenu le modérateur de cette communication, Sa Majesté Mbassi Bessala Prosper. Pour tenir cette conférence qui a fait courir la presse nationale et internationale, le comité d’organisation a choisit le monument de la réunification ( symbole de la paix et l’unité nationale), pour faire passer son message. Sous un ciel plutôt favorable à l’événement, les chefs traditionnels ont aiguisé leur soif en frappant du poing sur la table. De cette conférence de presse, il en ressort que la situation sécuritaire au Cameroun inquiète, le constat est alarment, le sang a déjà trop coulé, si on s’en tient aux propos de sa majesté Abanda Pie, Président des chefs traditionnels du Mfoundi. Pour ce dernier, le mal est beaucoup plus interne, l’horizon s’obscurcit, le vivre ensemble au Cameroun semble être un « luxe »de nos jours. Dans les villes et les villages, les pleurs sont énormes, poursuit-il. C’est sans doute la raison pour laquelle il va donc dire :<< Nous sommes ici aujourd’hui pour la consolidation de la paix. Dans les jours, semaines, et mois à venir, la caravane des chefs traditionnels sillonnera tout le Cameroun.>>

    Parlant donc de cette caravane, puisque c’est de ça qu’il s’agit, il faut dire que l’objectif est de contribuer à la résolution des conflits et des crises en cours. Les autorités traditionnelles souhaitent oeuvrer efficacement pour que leurs homologues des zones en conflit retournent dans leurs chefferies, que les familles regagnent leurs foyers et que les enfants puissent reprendre le chemin des classes à la prochaine rentrée scolaire. Cette caravane, dont le lancement a eu lieu le 22 juin à la chefferie supérieure de Batchenga, à travers une rencontre des chefs traditionnels, se poursuivra jusqu’au 22 septembre 2019, a t-on appris. C’est dire que les autorités traditionnelles se fixent cette date pour, croient-ils, ramener le calme dans les zones de tension .La stratégie d’attaque des autorités traditionnelles, pour définitivement ramener la sérénité dans les zones troubles, semblent être un jeu d’enfants, si on s’en tient à leurs programmes.

Tenez par exemple: Dès la première huitaine du mois de septembre, il y aura des processions royales d’accompagnement des enfants à l’école et de reprises des activités par les parents dans les zones actuellement en crise, suivi, du 17 au 20 septembre 2019, d’un symposium sur la paix et le développement qui aura pour thème général :  » Résolution Pacifique des conflits, Vivre-ensemble et développer l’Afrique à partir des chefferies. »
En outre, et allant toujours dans la même veine, on nous fait savoir que les têtes couronnées viendront de toutes les régions d’Afrique pour rendre un vibrant hommage au peuple du Cameroun et à ses autorités, pour les combats menés pour la paix en Afrique centrale, dont le Cameroun est un important carrefour et foyer d’accueil.Toutes ces mesures suffiront-elles pour un véritable retour au calme ?

   Loin de nous l’idée de ne pas saluer cette autre initiative. Au contraire , il y’a quand même lieu de se poser des question. D’ailleurs les chefs traditionnels n’ont pas manqué de relever leur particularité. Il se trouve qu’au Cameroun, des initiatives comme celles-ci, foisonnent. La dernière en date remonte à la communication du syndicat des journalistes indépendants, qui, dans un hôtel de la place, faisait entendre sa voix ! Mais pour quel résultat ?

En répondant à Afrik info. Net, Sa Majesté ESSOA ETOGA Gabriel Sylvain , chef supérieur de Batchenga, fait savoir que les chefs traditionnels ne vont pas faire comme les autres. Selon lui, ils auraient leur singularité et ils croient que tout va aller, pour le mieux. Il va donc dire :« Vous verrez ce que les chefs traditionnels vont faire. Nous ne sommes pas là pour prêcher dans le désert. Cette crise va définitivement s’arrêter.»

Serge Bi Mvondo

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