Cameroun- exploitation illégale du bois : deux projets viennent en renfort aux exploitants

Les professionnels du secteur forestier se sont réunis ce, le 06 Février 2019 à Yaoundé. Il était question de procéder au lancement des projets relatifs à la légalité des bois et produits dérivés exportés vers des marchés en dehors de l’union, vendus sur les marchés intérieurs ainsi que des bois et produits dérivés importés.
Le lancement de deux projets étaient au menu de l’atelier. Le« Renforcement de la légalité dans le marché domestique et transfrontalier du bois dans les régions forestières de l’Est et du Sud du Cameroun » et le « Renforcement du dispositif d’approvisionnement en bois légal des artisans de la seconde transformation du bois ».
Il était question, avant le lancement de ces projets, de s’assurer de l’appropriation des dits projets par les bénéficiaires et les autres parties prenantes clés du Marché Intérieur de Bois (MIB). Plus spécifiquement, il s’agissait d’informer les parties prenantes sur ces projets portés par ASD (Action for Sustainable Development ) et FECAPROBOIS (Fédération Camerounaise des Associations et des Professionnels de la Seconde Transformation du Bois), puis, identifier et capitaliser les axes de synergies avec les acteurs clés.
En effet, si ces projets tiennent tant à cœur aux bénéficiaires et parties prenantes clés du Marché Intérieur du bois, c’ est pour lutter contre l’exploitation forestière illégale et le commerce qui y est associé. Selon les études menées par le CIFOR en (2011), la production annuelle de sciages informels est estimée à 702 000m3, et le marché domestique est approvisionné à environ 75% des sciages issus de l’exploitation forestière illégale.
A titre de rappel, le gouvernement de la République du Cameroun a signé en 2010 avec l’Union Européenne, l’accord de partenariat Volontaire sur l’application de la réglementation forestière, la gouvernance et les échanges commerciaux sur le bois et les produits dérivés, connu sous l’acronyme APV FLEGT. En 2011, la ratification de cet accord lui permettait d’entrer en vigueur. A cet effet, des cadres institutionnels pour la mise en œuvre de cet accord ont été mis en place notamment le Comité National de Suivi (CNS) et le Comité Conjoint de Suivi (CCS). D’importants actes réglementaires (Décisions, arrêtés et circulaires) ont été également signés par le ministère en charge des forêts pour encadrer l’exploitation et la transformation du bois à plusieurs niveaux selon les sources d’exploitation.
C’est dans cette lancé que le Marché Intérieur du Bois (MIB) voit le jour par arrêté conjoint N° 0878/ MINFOF/MINCOMMERCE du 26 Avril 2010 conformément à l’article 9.3 de l’APV FLEGT qui stipule que : « le Cameroun vérifie la légalité des bois et produits dérivés exportés vers des marchés en dehors de l’union, vendus sur les marchés intérieurs ainsi que des bois et produits dérivés importés »
C’est donc pour rectifier le tir, ASD et FECAPROBOIS ont respectivement sollicité et obtenu entre 2016 et 2018, du programme FAO UE FLEGT, des appuis financier pour impliquer et accompagner les opérateurs concernés et intéressés par le MIB à travers l’application de deux projets entrés en application.
L’objectif de ces différents projets était d’emboiter le pas à la dynamique de la gouvernance forestière impulsée par l’APV FLEGT pour une meilleure opérationnalisation du MIB. Dans la poursuite de cet objectif, le même programme a accepté une seconde phase pour chacun de ces projets. C’est ainsi que cette seconde phase qui prenait corps, ce jour, en présence du ministre des forêts et de la faune Jules Doret Ndongo.



