Cameroun- Enrôlement à l’état civil de 14 222 enfants vivant sans actes de naissance : Sept communes reçoivent 142 222 000 FCFA du MINPROFF

Cameroun- Enrôlement à l’état civil de 14 222 enfants vivant sans actes de naissance : Sept communes reçoivent 142 222 000 FCFA du MINPROFF
La ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille(Minproff), Marie-Thérèse Abena Ondoa a procédé ce 30 décembre 2024 a la salle de conférence de son département ministériel, à la signature des Cahiers de Charges avec sept communes, pour l’enrôlement à l’état civil de 14 222 enfants vivant sans actes de naissance.
Après avoir effectué le même exercice il y a de cela trois mois, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a bouclé la boucle le 30 décembre 2024 en enrôlant plus de 14 milles enfants répartis dans 12 communes à savoir : Bankim qui reçoit 12 millions de FCFA pour enrôler 1200 enfants ; Bikok 15 millions de FCFA pour 1500 enfants , idem pour Mfou , Lembe-Yezoum, Mandingring ; Bagangte et Bafang ; Eseka quant à elle reçoit 2 110 000 de FCFA pour 211 enfants ; Ombessa 9 200 000 FCFApour 920 enfants ; Goulfey 10 570 000 de FCFA pour 1067 enfants ; Meyomessi 11 180 000 FCFA pour 1118 enfants et enfin Buea 7 060 000 FCFA pour enrôler 706 enfants à l’état civil. Après avoir paraphé les différents cahiers de charges, la Minproff a tenu à donner des orientations précises aux différents maires, « Vous voudriez bien prendre toutes les dispositions pour que le processus d’établissement des actes de naissance se déroule dans les délais prescrits. Il est souhaitable au besoin, que ces actes soient produits avant la prochaine rentrée scolaire, afin de permettre aux enfants de présenter sereinement leurs examens et concours. Vous voudriez également veiller à ce que les parents retirent effectivement, au terme du processus, les actes qui seront produits. », Argue Marie-Thérèse Abena Ondoa.
Notons que, cette activité qui est devenue une tradition au Minproff depuis 2018, s’inscrit dans le cadre du prolongement des interventions marquant la 12e édition de la Journée Internationale des Droits de l’Enfant, commémorée cette année sous le thème : « Ecoutons l’avenir, défendons les droits de l’enfant. »
30 % d’enfants de moins de 5 ans ne sont pas enregistrés à l’état civil
Au Cameroun, le taux d’enregistrement des naissances des enfants de moins de 5 ans au niveau national a été estimé à 66,1% selon l’enquête par Grappes a Indicateurs Multiples en 2014. Cette situation ne s’est pas beaucoup améliorée au cours de ces dernières années puisqu’une étude réalisée en 2021 par l’Institut National de la Statistique a révélé que 30% d’enfants de moins de 5 ans ne sont pas enregistrés à l’état civil. Sur la même année, l’on a dénombré 1600 000 enfants scolarisés sans actes de naissance.
Pour inverser cette tendance, des pouvoirs publics multiplient les reformes et stratégies pour améliorer de manière significative, les taux d’enregistrement des naissances. Nous pouvons citer entre autres : la Loi n2024/016 relative à l’état des personnes, promulgué le 23 décembre 2024, qui rallonge de 12 mois, le temps imparti pour déclarer une naissance ; la création, le 13 février 2013, du Bureau national de l’Etat civil ; ou encore la création par le Ministère de la Décentralisation et du Développement local, de milliers de Centres d’état civil secondaires, qui s’ajoutent aux 374 Communes et Mairies de la ville, dotées de centres d’état civil principaux.
Myriane DJAMEN
REACTIONS
Barka Mahamat, Maire de la Commune de Goulfey
« Notre commune a pour raison principale d’enregistrer et de donner une existence juridique et légale à nos enfants, les efforts sont bien reconnus sur le terrain, néanmoins, il y a quelques difficultés qui s’identifient, notamment l’immensité de la région et le manque de sensibilisation. Nous venons de bénéficier d’une assistance de la part du MINPROFF qui vient à point nommé à l’endroit de nos enfants qui attendent ce sésame. Nous avons des relais qui sont disséminés dans des centres de santé qui font leur travail, nous continuons à sensibiliser. Notre région est confrontée à plusieurs difficultés des changements climatiques, l’insécurité qui a des conséquences sur des populations. Nous continuerons de sensibiliser et faire des porte- à porte pour que nos enfants aient une existence légale. »
TJOCK Sylvain Moise, Maire de la Commune d’Eseka
« C’est une joie et une satisfaction de recevoir cet appui par rapport au travail déjà fait sur le terrain depuis 2020, nous sommes a plus de 3000 enfants déjà enregistrés. Nous allons continuer à travailler sur le terrain, le plus important est que chaque enfant ait un acte de naissance. Nous avons déjà mis sur pied une plateforme baptisée « My name » ceci, suite à une réunion que nous avions tenu au palais. Vous allez voir dans les prochains jours, la mobilisation sera effective sur le terrain.
Propos recueillis par MD



