Okala Ebode conteste son exclusion du MRC devant la justice

Un contentieux interne au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a été porté devant la justice. Okala Ebode Joseph Thierry, un ancien membre exclu, a engagé une action en justice pour contester la validité de la décision qui l’a radié des effectifs de ce parti d’opposition.
Une procédure judiciaire pour vice de forme
L’intéressé a déposé une requête en nullité auprès du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi, à Yaoundé. Il demande l’annulation de la décision disciplinaire numéro 007/2025, rendue le 7 novembre 2025 par le Comité national de médiation et d’arbitrage (CNMA) du MRC. Cette instance l’avait exclu définitivement pour des motifs qualifiés de « trahison » envers la formation politique dirigée par Maurice Kamto.
Dans ses arguments juridiques, le requérant met en avant plusieurs manquements supposés aux règles internes du parti. Il soutient que les principes fondamentaux d’une procédure disciplinaire équitable n’ont pas été respectés. Parmi les irrégularités alléguées figurent l’absence de débat contradictoire préalable à la sanction, le non-respect des délais légaux de notification, ainsi que l’omission d’une phase de médiation pourtant inscrite dans le règlement intérieur. Il soulève également le caractère imprécis de la notion de « trahison » dans les textes statutaires du MRC.
Un enjeu qui dépasse le cas individuel
Cette affaire judiciaire place le juge civil en position d’arbitre des règles de fonctionnement des associations, y compris politiques. Elle pose la question du contrôle juridictionnel des décisions internes des partis et de l’impératif du respect des garanties procédurales, même au sein des structures privées. Le contentieux intervient à un moment charnière de la vie politique camerounaise.
L’audience est prévue dans les prochaines semaines, dans un climat où le MRC, comme les autres formations, se prépare à des échéances électorales. Le président de la République, Paul Biya, a en effet annoncé un réaménagement du calendrier des prochains scrutins législatifs et municipaux, à l’occasion de la célébration de la 60e édition de la Fête de la Jeunesse. Cette affaire interne pourrait ainsi résonner avec les enjeux de cohésion et de préparation électorale au sein de l’opposition.



